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Monnaie locale : le Sol Violette, à Toulouse

Développement économique

Comment fonctionne une monnaie locale ? C’est assez simple : j’adhère à l’association locale. En adhérant, j’obtiens une carte de membre, ce qui me permet d’échanger des euros contre des Sol Violette. Ces euros vont être une force de levier dans le territoire. Avec mes Sol Violette, je vais acheter des biens et des services dans un réseau d’acteurs qui répondent aux valeurs de l’économie sociale et solidaire, dans une démarche de progrès. Je peux me procurer beaucoup de choses, des boissons comme des vêtements, ou payer mes transports. C’est un geste quotidien qui permet de transformer la société.

 

 
 

 

La ville de Toulouse nous a contacté pour savoir si ça pouvait être possible ici, et ainsi a débuté l’aventure du Sol Violette. On a commencé à travailler avec tout une série d’acteurs, et la monnaie est mise en circulation en 2011. Elle est mise en circulation sur le mode d’un coupon billet qui va circuler sur tout le territoire. L’objectif d’une économie centrée sur le local est réel, un objectif d’animation sur le territoire, dans une dynamique de lien de proximité, de circuit-court, toutes ces valeurs qui comptent pour nous.

On retrouve une dynamique d’action collective, avec des acteurs qui vont échanger autour de cette monnaie. On retrouve autour de la table la ville de Toulouse, des entreprises de l’économie sociale et solidaire (aujourd’hui elles sont 300), on retrouve aussi des institutions financières, des banques, qui se posent la question des banques éthiques, et des citoyens.

Cela permet un double levier. D’abord les euros qui sont déposés vont être affectés pour de l’investissement public ou dans des entreprises de l’ESS. Sur Toulouse par exemple, il y a deux banques concernées, le Crédit coopératif et le Crédit Municipal. Et puis, avec ces coupons-billets, je vais pouvoir acheter tout une série de produits. Aujourd’hui ce sont 3000 personnes qui échangent. On retrouve notamment un lycée, le lycée Gallieni, qui est très investit dans la dynamique. Mais aussi les maisons de chômeurs, et toute une série d’acteurs.

Ce qui compte dans cette dynamique, c’est redessiner nos territoires. Le redessiner à partir d’une force citoyenne, mais aussi à partir d’une force de solidarité. Comment faire une nouvelle carte où il y aurait de l’utopie... Les monnaies citoyennes ont été reconnues par la loi de l’économie sociale et solidaire, à partir du mois de juillet 2014, on le retrouve dans l’article 16. Et nous pouvons être fiers, parce que c’est une première mondiale, et elle est faite en France. Cette loi indique comment une monnaie peut être légale, et comment on reconnaît une monnaie locale et solidaire.

Ces monnaies sont un outil puissant, elles ont une grande amplitude, elles peuvent être articulées à plusieurs politiques publiques du développement territorial, par exemple travailler sur la santé et la consommation des plus précaires, mais aussi sur les politiques de transition. On peut travailler aussi sur comment animer une démocratie participative. Et toute une série d’autres acteurs : vous serez certainement plus créatifs que moi à ce sujet. Aujourd’hui plusieurs villes sont investies dans cette dynamique-là à côté des citoyens. On compte 40 monnaies locales en circulation en France, avec des collectivités qui s’engagent de ce fait : Boulogne-sur-mer, le conseil général d’Ile-et-Vilaine, la ville de Strasbourg, Lyon, Toulouse, Bayonne. Et vous c’est pour quand ? [ ce texte est la transription de la vidéo ci-dessus ]

Andréa Caro, déléguée générale mouvement Sol

le site du Sol Violette

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