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Smart is beautifull !

Perspectives

 

Ces temps-ci, « smart » se porte mieux que « small » ! Hillary Clinton elle-même, alors Secrétaire d’Etat du gouvernement américain, n’a-t-elle pas théorisé le « Smart Power », combinaison de « Soft » et de « Hard » ? Ainsi en est-il des « Smart Cities ». Mais que recouvre exactement ce concept et pourquoi est-il si important ?

L’énumération des qualités qu’il rassemble révèle  le flou de sa définition : la sobriété, la connectivité, l’inclusivité, l’agilité… Et la relative discrétion des medias traduit un certain scepticisme voire, pour le dire clairement,  le  soupçon  d’un « coup de marketing »  du complexe « urbanistico-industriel »

En vérité, une idée-force sous-tend le concept de « smart city », rarement explicitée : c’est  celle  de fluidité. Fluidité dans la mobilité urbaine, les parisiens mesurant quotidiennement les marges de progrès existantes ; fluidité des transferts d’information, permettant, par exemple , la mise en adéquation locale de la consommation et de la production énergétiques ainsi que l’optimisation de la distribution d’eau; fluidité des parcours résidentiels découlant des trajectoires professionnelles, des recompositions familiales ; fluidité, enfin, des usages entre immobilier tertiaire et logement, selon que l’innovation et l’obsolescence technologiques  redessinent les bassins d’activité entre industrie et économie résidentielle : c’est l’objet de l’« architecture de la transformation » que d’anticiper le changement de destination des bâtiments.

Ainsi, la « smart city », telle que la CDC ambitionne d’en produire un démonstrateur autour du futur village olympique, implique la coopération d’une multitude de « smart players » (aménageurs, promoteurs, investisseurs, énergéticiens, « BTPistes », gestionnaires de données) qui sont appelés à devenir les « acteurs » de la « smart city » au sein de  réseaux d’entreprises partenaires.

Pourquoi ce concept  comporte-t-il un enjeu stratégique ? Parce que dans la civilisation urbaine mondialisée, la concurrence entre métropoles est générale, permanente et impitoyable. Un exemple ? La conquête des JO de 2024 disputés entre une métropole en devenir, le Grand Paris, et une métropole en mutation, Los Angeles.La première, forte, autour du Louvre, de deux millénaires d’histoire, l’autre, économiquement, financièrement et culturellement surpuissante, avec le « Getty », le « méga-musée » LACMA, Hollywood, son complexe militaro-industriel…

Dans leur compétition, toutes les métropoles de plus de 10 millions d’habitants doivent être très denses, en termes d’innovation, d’offre de services, mais aussi très fluides, c’est-à-dire polycentriques. Chacun de leurs divers pôles, qu’il s’agisse du plateau de Saclay ou, en Californie du Nord, de la Silicon Valley, autour de l’université de Stanford, doit devenir une « smart city ».

Il s’agit donc là d’un enjeu vital d’attractivité, de rayonnement, mais aussi de puissance commerciale. A l’heure où les métropoles africaines, asiatiques et sud-américaines se développent, parfois, dans la plus grande anarchie, menaçant de déstabiliser  certains Etats-Nations, la production de la « smart city » revêt la dimension d’une compétence stratégique.  Elle implique  l’acquisition de  multiples savoir-faire exportables, transformant ainsi l’économie résidentielle en  socle de la compétitivité internationale. C’est ainsi que la « smart city » doit être appréhendée, « urbi et orbi » !

André Yché

Président du directoire de la SNI

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