©Thomas Gogny - Caisse des Dépôts - 2022
Soigner la santé par la prévention
Nous vivons plus vieux – mais comment vivre en meilleure santé, et à tout âge ? La prévention s’exerce dans la vie privée comme au travail, et s’empare du numérique pour accélérer et anticiper la prise en charge.
Le tour de la question
Prévenir les maladies et les rechutes est essentiel à notre bien-être, mais aussi à celui de notre système de santé, qui permet à chacun d’être soigné mais est aujourd’hui « à bout de souffle » financièrement. À l’heure où se pose la question de la dépendance liée à l’allongement de la durée de vie et l’augmentation des maladies chroniques, la prévention se réinvente notamment en permettant l’alliance du patient, du soignant et de la technologie.
C’est une bonne nouvelle mais aussi un défi : nous vivons plus longtemps ! Les Français peuvent désormais largement espérer être octogénaires, voire centenaires - un phénomène amplifié par le « papy-boom » . La France vieillit : 1 Français sur 5 a plus de 65 ans. Et pour la première fois depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a enregistré en 2025 plus de décès que de naissances, selon l’Insee.
Oui, la France vieillit, mais encore faut-il qu’elle vieillisse en bonne santé. L’allongement de l’espérance de vie constitue un enjeu pour les politiques publiques, puisqu’il pose la question du « bien vieillir » et de la perte d’autonomie : les plus de 60 ans en perte d’autonomie sont 2 millions actuellement, et ce chiffre pourrait monter à 2,8 millions d’ici à 2050. Les territoires sont ruraux les plus touchés par ce phénomène.
Bien sûr, l’allongement de l’espérance de vie n’est pas le seul facteur à prendre en compte dans les politiques de santé publique : les modes de vie, les maladies chroniques, la santé mentale, etc. L’adage « mieux vaut prévenir que guérir » résonne plus fort encore à l’heure où notre système de santé est sous tension : ne pas tomber malade, c’est éviter les coûts humains et économiques.
I Sommaire
Grand témoin - Dr Christophe de Jaeger : les secrets de la longévité
Durée 1'45
©Louna Tessier - Caisse des Dépôts
©Caisse des Dépôts / 2026
Eduquer à la santé
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
Dès 1948, l’OMS élargit la définition de la santé à la prévention, soit « l’ensemble des mesures visant à éviter ou réduire le nombre et la gravité des maladies, des accidents et des handicaps ».
On distingue alors trois types de prévention :
- La prévention primaire : participer aux changements de comportements et réduire les expositions à risques, afin de réduire l’incidence d’une maladie ;
- La prévention secondaire : détecter et traiter la maladie au stade le plus précoce, dès les premiers signes ;
- La prévention tertiaire : anticiper les complications et rechutes, réhabiliter le malade et améliorer sa qualité de vie.
Ill existe aussi une prévention dite quaternaire, reconnue depuis 2015 par Le Haut Conseil de Santé Publique. Elle est définie comme l’ensemble des actions menées pour identifier un patient ou une population à risque de surmédicalisation, le « protéger » d’interventions médicales invasives, et lui proposer des procédures de soins éthiquement et médicalement acceptables. La prévention quaternaire devient alors l’ensemble des activités de santé pour éviter ou atténuer les conséquences de l’intervention insuffisante, inutile ou excessive du médecin et du système de santé.
Faire adhérer la société
La bonne santé d’un pays se joue donc à tous les stades, du préventif au curatif. L'augmentation des maladies chroniques et des affections longues durées a un coût humain mais aussi financier, puisque les traitements représentent une charge. Prévenir et dépister au plus tôt permettra donc d'éliminer ces maladies et les coûts associés, et alléger le déficit de la sécurité sociale.
Selon l’Institut national du cancer, 3 100 cancers de l’utérus sont diagnostiqués chaque année en France, et 800 femmes décèdent de cette maladie. Pourtant, grâce à un dépistage régulier, ce cancer pourrait être évité dans 90% des cas. Quatre femmes sur dix dans la tranche concernée (entre 25 et 65 ans) ne réalisent pas ou pas assez régulièrement l’examen de dépistage.
Les programmes de prévention médicalisée (vaccination et dépistage) comme les actions de promotion de la santé, souffrent d’une adhésion ou d’un déploiement insuffisants pour produire des effets significatifs sur les grandes pathologies, malgré une pertinence avérée.
Génération prévention
©Didier Bizet - Caisse des Dépôts - 2022
Sommes-nous plus malades qu’autrefois ? Si les cas de cancers sont plus nombreux aujourd’hui, c’est surtout parce qu’ils sont mieux diagnostiqués – grâce à des programmes de dépistages qui entrent dans une stratégie de prévention : cela permet une meilleure prise en charge et donc un traitement le plus tôt possible, augmentant les chances de survie. L’enjeu est de taille et la seconde feuille de route 2026-2030 de la stratégie décennale de lutte contre le cancer en fait l’une de ses priorités : bâtir une « génération prévention », en mobilisant tous les acteurs en contact avec les jeunes pour constituer des environnements de vie plus protecteurs pour leur santé. Cela passera par la lutte contre le tabac et les usages nocifs de l’alcool, la protection face aux risques environnementaux ou encore une prévention précoce quant aux cancers de la peau et du col de l’utérus.
©Caisse des Dépôts - 2026
Un bilan à tout âge
L’Assurance maladie propose un « bilan prévention » adapté à quatre tranches d’âge clés de la vie adulte, de 18 à 75 ans. Il permet d’échanger avec un professionnel de santé sur les habitudes de vie et les sujets qui préoccupent ceux qui s’y prêtent, puis de décider d’actions pour améliorer leur bien-être physique, mental ou encore social.
Ce rendez-vous peut aussi être l’occasion de faire le point sur la vaccination. En 2023, 83,7 % des personnes interrogées en France métropolitaine déclarent être favorables à la vaccination en général. Les avis défavorables à la vaccination sont surtout concentrés sur le vaccin contre la Covid-19 (29%). Là encore, les objectifs en termes de vaccins varient selon l’âge. L’année 2023 a été marquée par une campagne de vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) pour les filles et les garçons scolarisés en classe de cinquième. Objectif : d’améliorer la couverture vaccinale contre ces infections en France afin de réduire la circulation des virus et de prévenir cette infection responsable de 6 000 nouveaux cas de cancers et de 30 000 lésions précancéreuses du col de l’utérus chaque année. La couverture vaccinale deux doses (schéma complet) est estimée à 44,7 % en 2023 des jeunes filles de 16 ans et 15,8 % chez les garçons.
Les efforts ne sont pas vains : la Ligue danoise contre le cancer a annoncé que le Danemark devrait avoir éradiqué le cancer du col de l'utérus d'ici à 2040, grâce à l'adhésion au programme de vaccination HPV et au dépistage.
Un peu d'Histoire... les campagnes de prévention qui ont marqué leur époque
Les campagnes nationales de prévention illustrent les préoccupations du moment ; certaines ont marqué les esprits et raisonnent encore, même si le traitement de la problématique a évolué.
- 1976 : Ne fumez pas, n’enfumez plus
A une époque où un Français sur deux fume, la loi Veil du 9 juillet marque les débuts de la lutte contre le tabagisme en France. La promotion des produits du tabac est désormais limitée à la seule presse écrite, et la mention « abus dangereux » est obligatoire sur les emballages.
©© Milton Glaser — avec l'autorisation des ayants droit de Milton Glaser
- 1984 : Un verre, ça va… Trois verres, bonjour les dégâts
Sans parler d’abstinence, cette campagne prône la consommation avec modération, et évoque les risques sanitaires liés à l’excès d’alcool, dans toutes les couches de la société. Le cinéaste Jean Becker signe les spots télévisés.
- 1987 : Il court, il court, le SIDA… Il ne passera pas par moi
Les spots télé de la première campagne nationale contre le Sida sont réalisés par Jean-Jacques Beineix. Ils seront suivis, quelques années plus tard, par la campagne « Sortez couverts » avec les préservatifs à un franc.
©Youtube / INA
- 2001 : Manger cinq fruits et légumes
©PNNS
Le Programme national nutrition santé (PNNS) a pour objectif d’améliorer l’état de santé de l’ensemble de la population, en agissant sur l’un de ses déterminants majeurs : la nutrition. Les campagnes pour manger au moins cinq portions de fruits et légumes par jour, ou encore « manger-bouger » donnent des recommandations sur l’alimentation et l’activité physique.
- 2021 : Gardons le réflexe des gestes barrières
Les « gestes barrières » sont arrivés dans la gestuelle et le vocabulaire de toute la planète en 2020 avec la pandémie de Covid-19. Les campagnes publicitaires pour inciter à ne pas les oublier permettent aussi de communiquer autour de la grippe et des virus de l’hiver.
Le Grand témoin : Dr Christophe de Jaeger
©Caisse des Dépôts
Nous avons tous un capital santé, notre rôle est de le maintenir et l'optimiser.
On vit plus vieux dans certaines parties du monde : mais quel est le dénominateur commun de ces populations centenaires ? Nous avons interrogé le Dr Christophe de Jaeger, Président de la Société française de médecine et physiologie de la longévité et auteur de Médecine de la longévité : une révolution (éditions Guy Trédaniel).
En action !
Face à l’allongement de la durée de vie et la hausse des maladies chronique, l’innovation apparaît primordiale afin de préserver notre système médico-social. La stratégie Innovation santé 2030, lancée en 2021 au cœur de la crise sanitaire, a pour objectif de faire de la France la première nation européenne innovante et souveraine en santé. Elle prévoit sept milliards d’euros pour avancer dans trois domaines prioritaires : les biotechnologies, la lutte contre les pandémies et la santé numérique. La France consacre d'importants financement à la santé : loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 prévoit 274,7 milliards d'euros pour l'assurance maladie.
Même s’il fait régulièrement l'objet de contestations et a besoin d'être transformé pour rester pérenne, le système de santé universel français possède de nombreux atouts : une longue tradition de recherche clinique, un réseau d’hôpitaux hospitalo-universitaires de premier plan, une capacité exceptionnelle à former des médecins, scientifiques et ingénieurs, un environnement favorable à la naissance et à la croissance des start-up ainsi que des entreprises pharmaceutiques de premier plan présentes à l’international.
Protéger les données personnelles des patients
©Xavier Popy / REA - Caisse des Dépôts - 2022
Avec sa feuille de route santé et grand âge dotée de 25 Md€ sur 5 ans, le groupe Caisse des Dépôts entend être un acteur important pour accompagner la transformation du système de santé. Le Groupe accompagne les politiques publiques, afin de répondre aux besoins de santé et d’apporter une réponse adaptée au vieillissement de la population. L’enjeu est aussi plus largement de protéger les données personnelles des patients, en bâtissant un écosystème de santé numérique souverain et de confiance.
Les outils numériques sont un levier pour améliorer l’accès au soin pour toutes et toutes, et sur l’ensemble du territoire. Ils sont mis en œuvre grâce à plusieurs filiales du Groupe qui unissent leurs efforts et leurs compétences aux côtés des soignants et des entreprises du secteur, pour améliorer la vie de tous et renforcer la cohésion sociale et territoriale. Cette démarche est rendue possible grâce à la mobilisation de trois expertises complémentaires du groupe Caisse des Dépôts :
- Le financement (prêts, investissements, crédits d’ingénierie)
- Le rôle d’opérateur (création et gestion de logements, d’établissements de soins, services à domicile)
- Le rôle d’assureur
Le numérique, nouvelle porte d'entrée vers le soin
Le numérique en santé est un levier de transformation du système de soins : il permet d’améliorer les soins grâce à un suivi plus personnalisé et accessible. Les solutions telles que les applications mobiles de suivi, les plateformes de prise de rendez-vous ou les téléconsultations, facilitent l’accès au soin. Elles font désormais partie du quotidien des Français : neuf personnes sur dix utilisent des outils ou services numériques pour gérer leur santé, selon une étude de la Délégation au numérique en santé.
Le Fonds de prévention numérique en santé a été lancé en 2026 pour investir dans des start-up développant des solutions numériques innovantes en prévention. Objectifs : anticiper l’altération de la santé des Français, faire évoluer les comportements individuels et collectifs et ainsi, optimiser les dépenses de santé afin, précisément, de protéger notre système de santé. Doté de 100 millions d’euros, il est porté par Bpifrance, la Banque des Territoires, CNP Assurances, Harmonie Mutuelle et le groupe Vivalto Santé. Le Groupe s'est également doté d'un Accélérateur prévention numérique en santé, pour lequel une deuxième promotion a été lancée début 2026 afin d'accompagner durant un an 20 start-up. Le but est de déployer leurs solutions répondant à des enjeux majeurs de santé publique : santé mentale, cardiologie, cancers, trouble du neurodéveloppement chez l’enfant, activité physique et réadaptation…
Le Fonds de prévention numérique en santé a été lancé en 2026 pour investir dans des start-up développant des solutions numériques innovantes en prévention. Objectifs : anticiper l’altération de la santé des Français, faire évoluer les comportements individuels et collectifs et ainsi, optimiser les dépenses de santé afin, précisément, de protéger notre système de santé. Doté de 100 millions d’euros, il est porté par Bpifrance, la Banque des Territoires, CNP Assurances, Harmonie Mutuelle et le groupe Vivalto Santé. Le Groupe s'est également doté d'un Accélérateur prévention numérique en santé, pour lequel une deuxième promotion a été lancée début 2026 afin d'accompagner durant un an 20 start-up. Le but est de déployer leurs solutions répondant à des enjeux majeurs de santé publique : santé mentale, cardiologie, cancers, trouble du neurodéveloppement chez l’enfant, activité physique et réadaptation…
Poppins, une appli pour aider les enfants présentant des troubles Dys
Durée 2'53
©Poppins
Accélérer le développement de solutions
Cette démarche s’inscrit dans la continuité des actions du groupe Caisse des Dépôts et dans la dynamique de la French Care, le mouvement fédérateur porté par Bpifrance pour décloisonner la filière santé et créer des synergies entre start-up, industriels, chercheurs, professionnels de santé et acteurs publics. En mobilisant l'ensemble des forces vives autour de valeurs d'innovation et de coopération, la French Care vise à accélérer le développement de solutions au service du patient.
La fragilisation de notre système de santé par les dépenses liées à l'explosion des maladies chroniques et le vieillissement de la population nous conduit collectivement à adresser le sujet de la prévention aujourd'hui comme un axe majeur qui crée par conséquent une opportunité de marché pour les start-up de prévention numérique et de démocratisation du “self-care” par nos concitoyens grâce au partage de la donnée de santé et à l'intelligence artificielle et ce, dans un cadre de confiance.
Zoom sur... un appli innovante comme « boîte noire » de maladies chroniques
Anticiper pour mieux soigner : vers une meilleure prévention des symptômes
Durée 2'46
©Caisse des Dépôts - Corinne Falhun
Apo tech care est une application innovante propose de mieux suivre certaines pathologies comme les crises de migraines, de vertiges ou les douleurs chez les enfants non communicants. Accompagnée par l’Accélérateur prévention numérique en santé, un programme porté par Bpifrance, filiale du groupe Caisse des Dépôts, elle facilite la collecte et l’analyse des symptômes. Un outil prometteur pour les patients et les professionnels de santé, au service de la prévention et d’une prise en charge adaptée.
Accompagner ceux qui vieillissent... et leurs aidants
Prévoir, c’est aussi regarder la photo de la France telle qu’elle sera dans les années à venir. D’ici à 2050, près de 3 millions de Français seront en perte d’autonomie. Aussi CNP Assurances a fait évoluer ses offres – notamment les contrats de prévoyance – pour accompagner le vieillissement des personnes. L’assureur aide à l’aménagement du domicile, pour y rester le plus longtemps possible, mais aussi au recours à des services d’aides, auxiliaires et soins à domicile. Il s’agit d’atténuer la perte d’autonomie des personnes, mais aussi d’offrir une aide au répit pour leurs aidants, verser une rente en cas de dépendance – afin de limiter le reste à charge qu’engendre la perte d’autonomie, pour la personne âgée et sa famille.
Avec une approche territoriale et collaborative, La Poste santé & autonomie facilite la détection précoce, la sensibilisation des populations et la mise en œuvre de programmes adaptés aux enjeux locaux, notamment en s’appuyant sur un réseau de facteurs formés pour alerter les donneurs d’ordre avec le consentement des bénéficiaires. En complément, le Groupe La Poste soutient les industries de santé, participe à la fluidification du parcours de soins et favorise le maintien ou le retour à domicile.
A lire aussi : notre Grand dossier sur les aidants
Prendre soin de la santé au travail
Si les facteurs de risques sont pluriels, le travail est l’un des lieux où doit s’exercer une prévention spécifique, selon la nature des tâches et des risques qui y sont liés, qu’ils soient physiques, psychosociaux, etc. Le défaut de prévention a un impact sanitaire mais aussi financier, et entraîne un nombre plus important d’arrêts maladie.
Le Passeport de prévention, service numérique géré par la Caisse des Dépôts pour le compte de l’État, vise à améliorer cette prévention des risques de santé et de sécurité liés au travail. Cet outil est accessible depuis Mon compte formation, et permet de déclarer toutes les formations relatives à la prévention des risques professionnels qui ont été suivies. Ouvert dans un premier temps aux organismes de formation, il a été élargi début 2026 aux employeurs et devrait ensuite être ouvert aux salariés (privé et public), afin que les titulaires aient accès à leur Passeport de prévention, qui leur sera utile tout au long de leur carrière.
Le Passeport de prévention favorise l’employabilité des salariés, puisqu’il permet de vérifier qu’ils sont à jour de leur formation, et donc de mieux prévenir les risques professionnels.
Découvrez le Passeport de prévention
©Caisse des Dépôts
Pour renforcer la connaissance des risques et réduire la sinistralité, la CNRACL (Caisse de retraite des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers) – dont la gestion est assurée par la Caisse des Dépôts – a mis en place un Fonds national de prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (FNP), qui revendique le rôle de « facilitant ». Elle permet par exemple un accompagnement financier des actions de prévention professionnelle, ou d'acquérir des équipements de protection individuelle (EPI). Elle dispose d’une offre globale d’accompagnement méthodologique et financier s’adressant à l’ensemble des employeurs territoriaux et hospitaliers. Depuis 2019, le fonds national de prévention de la CNRACL a ainsi versé plus de 42 millions d’euros à 1 300 employeurs, au bénéfice de 120 000 agents affiliés.
L’un des objectifs de la CNRACL est de détecter et de former aux risques en fonction des spécificités des métiers.. Le personnel soignant, en première ligne lors de la pandémie en 2020, est au cœur d’un nouvel appel à projets sur l’épuisement professionnel des agents exerçant dans le domaine sanitaire et médico-social. L’idée étant de collecter et promouvoir les bonnes pratiques visant à améliorer les conditions de travail et à favoriser le maintien dans l'emploi grâce à des actions concrètes menées par des employeurs territoriaux et hospitaliers.
Le logement pour faire le lien avec la santé
©Vincent Poillet - REA - Caisse des Dépôts - 2021
Comment améliorer l’accès aux soins, lorsque l’on sait ce dernier affecté par les inégalités sociales et économiques ? Organiser des ateliers de prévention directement sur leur lieu de vie est l’une des solutions portées par Adoma. Le bailleur social filiale de CDC Habitat, qui héberge des populations vulnérables, accueille notamment dans une de ses résidences d’Argenteuil (Val d’Oise) un atelier « Bien dans son assiette », avec l’Assurance retraite et la Prévention retraite Ile-de-France. Les ateliers visent des actions concrètes que les locataires seniors pourront rapidement mettre en place, notamment au moment de faire leurs courses : comment lire les informations importantes sur les emballages, les astuces à utiliser pour faire des économies pendant les courses (privilégier les achats au kilo aux achats en détail, les promotions sur les produits bientôt périssables, acheter certains produits au marché plutôt que dans les grandes surfaces).
Amener la prévention et les soins directement aux patients
CDC Habitat contribue également, via une dotation à la Fondation territoriale des Lumières, au financement d’un projet de camion de soins allant au contact des femmes en situation de précarité. L’objectif étant d’aller vers elles pour leur donner des conseils, effectuer des dépistages, et les orienter vers les structures adéquates dans le bassin minier du Nord Pas de Calais.
Avec près de 90 % du territoire français situé dans un désert médical (selon le Pacte de lutte contre les déserts médicaux de 2025), la Banque des Territoires propose un ensemble d’outils adaptés pour accompagner les projets des collectivités, des Entreprises publiques locales (EPL) et leurs filiales, et des entreprises privées.
Aller vers les habitants, d’autant plus qu’ils sont éloignés du soin et des actions de prévention : c’est le positionnement qui a été choisi par le groupe Caisse des Dépôts en soutenant et en développent des actions d'aller vers. Comme avec les médicobus, ces cabinets médicaux itinérants à mi-chemin entre le médical et la prévention, dont la Banque des Territoires participe au déploiement en zone rurale. Les camions se déplacent aussi pour sensibiliser aux dépistages de cancers dans les quartiers prioritaires de la ville, comme c’est le cas à Amiens avec le bus Info santé mobile de la Maison prévention santé ; ou encore pour lutter contre la précarité alimentaire, avec le food-truck, toujours dans la métropole d’Amiens, qui promeut la diversité alimentaire et la lutte contre le gaspillage. Son objectif est d’améliorer l’acceptation de certains produits – essentiellement les légumes.
Repérer les fragilités dans tous les territoires
Prévention des fragilités : l'exemple du programme Icope
Durée 2'10
©Groupe Caisse des Dépôts
« Avez-vous des problèmes de mémoire ou d’orientation ? Êtes-vous capable de vous lever d’une chaise à cinq reprises en moins de 14 secondes ? Avez-vous perdu du poids récemment ? » Voici quelques-unes des questions posées par Digicope. Le nom de cette appli mobile est un condensé de digital et Icope (Integrated care for older people), le programme de l’OMS publié en 2019. L’appli a été développée par La Poste santé & autonomie avec le CHU Grenoble Alpes, le département de l’Isère et le Gérontopôle Auvergne-Rhône-Alpes, et elle est référencée dans Mon espace santé. Elle propose un questionnaire pour évaluer six fonctions essentielles : la locomotion, l’état nutritionnel, la santé psychique, la cognition, l’audition et la vision. Digicope permet de relever les difficultés des personnes dès 60 ans, pour faire le lien ensuite avec l’écosystème de soins du territoire.
Et maintenant ?
Pour viser juste, la prévention doit s’inscrire dans son époque, et adresser les problèmes sanitaires ainsi que les préoccupations du moment. C’est par exemple le cas du protoxyde d’azote, dont l’usage pour la cuisine et la médecine est détourné notamment par les adolescents et jeunes adultes pour en faire un gaz hilarant. Il produit des graves effets, parfois irréversibles, sur les systèmes nerveux et cardiovasculaire. Face à la hausse de cet usage détourné du « proto » et ses conséquences désastreuses, des médecins et d’anciens usagers prennent la parole dans les médias, et plusieurs villes ont organisé des campagnes de prévention sous forme d’affichage : prévenir et prémunir contre des comportements à risques, c’est d’abord informer. Début 2026, le Sénat a adopté un texte visant à en interdire la vente aux particuliers.
Toujours chez les jeunes et les enfants, l’impact de l’usage des écrans sur le développement cognitif et l’augmentation de l’anxiété fait l’objet de nombreuses études, et permet aux familles – parfois avec l’aide de professionnels de santé – de s’interroger sur leurs pratiques, et leurs conséquences.
À l’autre bout du spectre, la prévention se développe aussi de manière silencieuse, sur le long terme : la lutte contre l’habitat dégradé, la gestion de la ressource et de la qualité de l’eau, la rénovation énergétique des écoles : chaque action contribuant à améliorer le cadre de vie et par ricochet, la santé, participe à la prévention !
©Lilian Héliot - ENS Louis-Lumière / Caisse des Dépôts - 2023