Partant de la nécessité d'un renouvellement en profondeur des méthodes d’analyse territoriale par l’emploi d’indicateurs originaux pour ainsi permettre de distinguer les territoires les mieux à même de relever les défis environnementaux et sociétaux à venir, le Conseil scientifique de la revue Urbanisme a mené un travail de réflexion qui a conduit à l’identification des territoires d’avenir.

35 indicateurs et 4 grandes dimensions

Au total, ce sont trente-cinq indicateurs caractérisant quatre grandes dimensions de la vie locale (cadre de vie, économie et vie locale, accès au logement et capacité de développement) qui ont été retenus pour qualifier les zones d’emploi du territoire national, grâce à l’outil de big data CitavizTM du groupe Citadia, filiale de la SCET.

Le résultat a permis d’identifier les zones d’emploi qui ont obtenu les meilleurs résultats pour chaque dimension, et un travail de synthèse a ensuite été réalisé non pas en agrégeant les indicateurs, mais en identifiant les territoires distingués pour une ou plusieurs dimensions.

Ces résultats ont été mis au débat au sein du Conseil scientifique[1] et soumis à enquête dans les territoires concernés. Les journalistes de la revue ont mené recherches et entretiens avec divers acteurs locaux, afin de vérifier la pertinence de chaque territoire identifié.

Des résultats surprenants à plus d’un titre

Tout d’abord, 37 % des zones d’emploi sont représentées, alors que les habituelles représentations de « la France qui marche » sont beaucoup plus polarisées. Non sans rappeler que les territoires qui n’ont pas été distingués ne sont, bien évidemment, pas sans avenir.

Ensuite, certaines métropoles apparaissent… et d’autres pas. Se distinguent les zones d’emploi des territoires métropolitains articulés en « régions », comme Nancy et le Sillon Lorrain, Rennes-Nantes, le Nord-Pas-de-Calais autour de Lille, Lyon-Clermont, ou Aix-Marseille. Tandis que l’Ile-de-France, Toulouse ou Bordeaux ne sont pas dans les radars. Des constats qu’il convient de considérer avec prudence, mais qui veulent malgré tout dire quelque chose.

Enfin, apparaissent des territoires qui ont pu être regroupés en typologies : les territoires du lointain métropolitain (au premier rang desquels les seuils franciliens), ainsi que les grands territoires et les terroirs.

Ont ainsi été distinguées « territoires d’avenir », les zones d’emploi d’Amiens, Besançon, Cavaillon, Cholet, Dax, Maurienne, Mende, Poitiers, Sarrebourg, Sens et Valence.

La plupart des zones d’emploi distinguées sont inscrites dans de grands territoires, tel l’arrière-pays de l’Occitanie, entre montagne Noire, Causses et Cévennes, qui semble tirer le meilleur parti de la dynamique régionale impulsée par Toulouse, Montpellier et Nîmes, en captant investissements économiques et nouvelles stratégies résidentielles. Ou bien le grand massif des Alpes, porté par le dynamisme régional et transfrontalier des métropoles de Lyon, Grenoble (et Genève), sans oublier Nice au sud, où les vallées sont en pleine réinvention de leurs logiques de développement. Ou encore la plaine Aquitaine qui profite à plein de l’engouement pour la « Californie de l’Europe », entre booms bordelais et basques, leurs conséquences et remises en question.

Mais l’exercice distingue aussi des territoires « provinces », ancrés dans leur géographie et leur histoire, animés par des villes qu’on ne saurait appeler moyennes, comme Poitiers ou Besançon.

 

La carte de synthèse offre une lecture inédite des situations des territoires et des villes de France, en dessinant ce qui pourrait être une nouvelle géographie de leur avenir.

©Citadia/SCET

 

[1] C. Barbé, B. Bariol-Mathais, C. Blanchet, L. Bourdeau-Lepage, J. Carrez-Debock, S. Cordobes, M. Cremaschi, S. Cosnard, V. Delourme, P. Ducret, C. Diguet, E. de Lanversin, M.-O. Farineau, V. Fouchier, J. Frébault, C. Ghorra-Gobin, J. Haëntjens, M.C. Jaillet, T. Hubscher, D. Klouche, N. Lecuyer, D. Mangin, P. Marchetti, A. Masboungi, J.-B. Marie, N. Michelin, J.-M. Offner, J.-L. Poidevin, H. Reignier, S. Ricard, J. Sainte-Marie, C. Voisin-Bormuth

Pour aller plus loin

Urbanisme - Numéro 427

septembre-octobre 2022
Quels sont les territoires d'avenir ?