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La transformation des entrées de ville s’accélère : cap sur les projets

Date de publication 13 octobre 2026

Temps de lecture 5min

©Ooshot pour Icade

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Longtemps décriées comme le visage d'une périphérie sans qualité, les entrées de villes commerciales deviennent des terrains de projet. La deuxième édition du Baromètre des entrées de ville commerciales en France réalisée par le groupe SCET – HTC et Icade poursuit l’auscultation de ces territoires des marges. Après un premier volet de diagnostic, cette nouvelle publication montre un mouvement de fond, porté par le ZAN, la crise du logement et la vacance commerciale. Elle met en lumière 437 projets de transformation dans tous les types de territoires. Qui lance ces projets, quels freins rencontrent-ils, et comment passer à l’action ? Eclairage.

Un tournant historique pour les entrées de ville commerciales

Le baromètre recense 437 projets de transformation couvrant un total de 8 606 hectares. Le sujet revient au premier plan pour les élus locaux engagés dans la première année de ce nouveau mandat :  93% d’entre eux considèrent désormais ces espaces comme stratégiques. 

Le baromètre recense 437 projets de transformation couvrant un total de 8 606 hectares. Le sujet revient au premier plan pour les élus locaux engagés dans la première année de ce nouveau mandat :  93% d’entre eux considèrent désormais ces espaces comme stratégiques. 

Comme le souligne Olivia Grégoire, ancienne ministre ayant participé au lancement de ces grandes rénovations et députée de Paris : « Elles sont devenues ce qu’elles auraient toujours dû être : un espace de projet, au service du logement, de l’activité économique et de la qualité de vie de nos concitoyens. »

Une dynamique diffuse, portée par les métropoles

Les projets concernent d’abord des sites de taille modeste : une opération sur deux porte sur une entrée de ville de mois de trois hectares. À l’autre extrémité, 27% des projets concernent des terrains de plus de 15 hectares, révélant aussi l’existence de grands secteurs de recomposition.

Les métropoles et les grandes agglomérations apparaissent particulièrement actives : sept projets sur six se situent dans des territoires urbains. La répartition des 437 opérations identifiées est relativement homogène d’une région à l’autre, avec toutefois une concentration en Ile-de-France, en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine.

Du côté des emprises foncières, les plus importantes se trouvent en Provence Alpes-Côte d’Azur, en Centre-Val de Loire et en Nouvelle-Aquitaine.

Qui est à l’origine des projets ?

Le privé le plus souvent : les acteurs privés portent 65% des opérations recensées, soit sept projets sur dix, contre 35% pour les collectivités territoriales et les opérateurs publics. 

Trois principaux déclencheurs du projet ressortent du baromètre : l’identification d’une opportunité foncière, citée dans 24% des cas, la localisation stratégique du site, à 21% et une initiative privée, à 19%.

L’obsolescence des sites constitue également un moteur significatif pour les élus, dans 15% des cas : bâtiments vieillissants, organisations commerciales inadaptés, vastes parkings minéralisés ou perte d’attractivité créent les conditions d’une remise à plat.

Commerce, logement, qualité urbaine : que cherchent les élus ?

Les transformations visent avant tout à renforcer l’attractivité commerciale des secteurs concernés ou à produire du logement. Pour les élus, il s’agit d’abord de redynamiser leur commune, alors que la vacance commerciale touche désormais une grande part des territoires.

Ces espaces pourraient aussi contribuer à résoudre la crise du logement. 83 % des élus estiment que la transformation des en¬trées de ville commerciales en quartiers mixtes peut y apporter une réponse, au moins partielle. Un constat partagé par 64% des Français interrogés dans le cadre d’un sondage Ipsos pour Icade. 54,8% des élus interrogés estiment d’ailleurs que le commerce de périphérie va se transformer et se réinventer au cours des cinq à dix prochaines années.

Quels obstacles freinent la transformation ? Ils restent nombreux. Un élu sur deux cite la contrainte financière comme un obstacle majeur, tandis que quatre sur dix mettent en avant la complexité réglementaire.

Six leviers pour passer à l’action

Le baromètre formule six recommandations pour accélérer la transformation des entrées de ville commerciales.

  1. Réaliser un état des lieux précis, assorti d’une vision prospective à l’horizon 2050, afin de construire des scénarios à moyen et long termes et de prioriser l’intervention publique sur les sites les plus stratégiques.
  2. Mettre en place un observatoire commercial, immobilier et foncier permanent, pour suivre les évolutions du territoire dans la durée et mieux éclairer la décision publique.
  3. Inscrire les projets dans les documents de planification, en lien avec la stratégie territoriale globale. L’enjeu est notamment de disposer d’un PLUi suffisamment évolutif pour accompagner l’opérationnalité des projets.
  4. Installer une instance de dialogue permanente entre collectivités, propriétaires fonciers et exploitants, afin de faire émerger des intérêts communs et de faciliter le montage d’opérations.
  5. Engager un plan-guide pour chaque entrée de ville commerciale. Ces documents doivent être ancrés dans les réalités du site, phasés, adaptables et attentifs aux équilibres économiques. Ils peuvent notamment prioriser la transformation d’îlots démonstrateurs.
  6. Structurer une ingénierie de projet adaptée à chaque territoire, en mobilisant des compétences techniques, juridiques, financières et foncières. Le baromètre invite également à expérimenter rapidement, à tester de nouveaux usages et à identifier un tiers de confiance capable de piloter une démarche multiacteurs.

Pour Élodie Jacquier-Laforge, directrice générale d’Intercommunalités de France, «l’avenir des entrées d’agglomération commerciales repose sur une stratégie durable et coordonnée. Les intercommunalités, par leur vision à l’échelle du bassin de vie, sont des acteurs clés pour porter des politiques publiques ambitieuses, capables de concilier sobriété foncière, transition écologique, réindustrialisation et cohésion territoriale ».

Des réalisations à suivre

Le baromètre s’appuie sur une diversité d’exemples qui montre qu’il n’existe pas de modèles uniques. Deux opérations, aux échelles très différentes, en donnent la mesure.

  • À l'entrée du Controis-en-Sologne (Loir-et-Cher), un ensemble commercial devenu obsolète se vidait peu à peu. Ses locaux étaient vacants, ses abords peu soignés, et l'image de l'entrée de ville en souffrait. Plutôt que d'ouvrir de nouveaux terrains à l'urbanisation, la communauté de communes du Val de Cher Controis a choisi de réinvestir ce foncier déjà artificialisé. Le projet AGORAé, actuellement en travaux, transforme l'ancien supermarché en équipement multifonctionnel sur un site de trois hectares. Le bâtiment de 4 500 m² est réhabilité plutôt que démoli. Il accueillera plusieurs opérateurs privés autour des loisirs, du sport et de la restauration, ce avant d’éviter de concurrencer les commerces des centres-bourgs et renforcer l'attractivité de tout le bassin de vie. Les espaces extérieurs sont désimperméabilisés et plantés, les circulations et cheminements piétons réorganisés. 
  • À une tout autre échelle, l’opération Avenue 83, à La Valette-du-Var, près de Toulon, est née de la reconversion de l'ancienne friche commerciale Var-Barnéoud. Elle s'inscrit dans un périmètre de 200 hectares. L'ambition est de faire d'une zone périphérique monofonctionnelle un quartier mixte, durable et mieux intégré à son environnement urbain. Le programme, qui totalise 9 000 m², regroupe des commerces, des activités de loisirs, des logements et des bureaux. Les espaces publics ont également été repensés pour faire place aux piétons et à la végétation. 

Les entrées de ville, jadis désavouées, s’inscrivent désormais dans une politique de préservation des ressources et de résilience forte.

©ICADE - SCET

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