PVD+ : la transition écologique comme levier d’efficacité pour les projets des petites villes
Depuis son lancement en 2023 par la Banque des Territoires avec le soutien de la Commission européenne dans le cadre du programme InvestEU, le dispositif PVD+ accompagne les collectivités lauréates du programme national PVD à la recherche de financements verts.
Après plus de deux ans, son apport va au-delà de l’accès aux subventions européennes, nationales, régionales et départementales. En aidant les territoires à améliorer la conception de leurs opérations, PVD+ démontre qu’un projet plus résilient et plus respectueux de l’environnement est souvent aussi un projet plus efficace, mieux financé et plus utile aux habitants »
Et si la transition écologique était avant tout une exigence de qualité pour les projets locaux ?
La transition écologique a longtemps été perçue par les petites collectivités comme une contrainte de plus à intégrer dans des projets déjà bien complexes et surtout, soumis à des équilibres financiers fragiles. L’expérience du dispositif PVD+ propose maintenant une nouvelle approche : la transition écologique ne ralentit pas les projets mais les améliore ; c’est une exigence environnementale qui devient un levier de qualité, de financements et d’efficacité.
À travers plusieurs missions d’accompagnement et des projets sur l’ensemble du territoire national, PVD+ montre que les enjeux énergétiques et écologiques ne constituent pas un volet additionnel des opérations de revitalisation. Ils deviennent un principe d’amélioration continue. Lorsqu’un projet est aujourd’hui interrogé sous l’angle de l’eau, du climat, de la biodiversité, de la sobriété foncière ou des mobilités, il gagne souvent en cohérence, en robustesse financière et en capacité à répondre durablement aux besoins premiers des habitants.
Cette évolution est particulièrement importante pour les petites villes et les centralités rurales. Car la véritable question n’est plus de savoir si ces territoires participeront à la transition écologique, mais comment ils pourront la conduire sans être pénalisés par un déficit d’ingénierie ou de moyens.
Le dispositif PVD+ nous propose, après seulement deux ans, plusieurs enseignements en ce sens.
Quels sont les grands enseignements de PVD+ à tirer ?
Premier enseignement de PVD+ : la transition écologique ne peut être durable que si elle est juste, pas comme une contrainte sociale à la manière dont les ZFE ont été perçues.
En ce sens, au lieu de partir d’une obligation, il serait peut-être mieux de partir des projets locaux des conventions cadres et donner aux collectivités les moyens de les rendre plus performants et mieux financés. Concrètement, l’accompagnement ne consiste pas uniquement à rechercher des subventions. Il aide les territoires à améliorer leurs projets afin qu’ils puissent mieux répondre aux critères des financeurs tout en couvrant davantage de bénéfices environnementaux.A Sainte-Foy-la-Grande, par exemple, le réaménagement de la Place du Foirail a évolué vers davantage de nature en ville, avec une augmentation significative des surfaces végétalisées, une stratégie biodiversité et une déminéralisation renforcée. Ces améliorations ont permis de mobiliser des financements complémentaires tout en renforçant le confort climatique du centre-ville (+ de 600k de subventions obtenues).
A Saint-Clar, la réflexion sur les eaux pluviales, les mobilités douces et la végétalisation a permis de renforcer la qualité environnementale du projet d’aménagement de la Place du Foirail et de la Place de Lomagne (+ de 70k de subventions obtenues).
Et à Cologne, la transformation d’une vaste surface goudronnée de parking en espace apaisé et végétalisé a conduit à mieux valoriser la biodiversité urbaine et les continuités piétonnes.
Dans chaque cas, l’ambition écologique et énergétique n’est pas venue remplacer les usages, mais les a améliorés.
Second enseignement de PVD+ : la transition écologique est déjà à l’œuvre dans les territoires ruraux, même si elle ne porte pas toujours ce nom.
Une opportunité de transition peut se cacher derrière chaque projet. En effet, les élus ne lancent pas nécessairement un projet pour répondre directement à des enjeux climatiques. Pourtant, en cherchant à revitaliser leur centre-bourg ou à maintenir le dernier commerce, à réhabiliter un bâtiment vacant ou préserver un service public, à préserver la biodiversité d’une berge ou à sécuriser une traversée, ils atteignent donc des enjeux de transition écologique. Ces enjeux deviennent alors de plus en plus une conséquence vertueuse de toute une stratégie de revitalisation territoriale.C’est aujourd’hui une démarche bien maitrisée par les PVD. Lorsque Pélussin reconvertit la friche Saint-Charles en tiers-lieu, elle limite au passage l’artificialisation des sols tout en soutenant l’économie locale. Lorsque Chazelles-sur-Lyon transforme un ancien hôpital en pôle de services publics, elle rapproche les services des habitants tout en optimisant l’usage du foncier existant. A Mesnil-en-Ouche par exemple, la gestion des eaux pluviales a été intégrée à une réflexion globale sur la renaturation, la plantation d’arbres et la désimperméabilisation des sols. Les solutions techniques retenues de l’accompagnement PVD+ répondent à plusieurs objectifs, parmi lesquels l’adaptation au changement climatique.
Cet enseignement va encore plus loin et présente le dispositif PVD+ dans sa capacité à transformer la manière dont certains projets sont conçus afin qu’ils puissent répondre parfois à plusieurs politiques publiques.
Différents exemples peuvent illustrer cet aspect :- L’aménagement du secteur Colbert/Oratoire au Folgoët a amené à la décomposition des dépenses en lots thématiques afin d’optimiser les sources de financement.
- La requalification de la Maison Kasper à Mur-de-Barrez a été enrichie par une réflexion sur les usages touristiques, culturels et économiques du site.
- La réhabilitation de l’Hôtel Anne de Beaujeu a bénéficié d’un découpage du projet permettant de mobiliser plusieurs financements en cohérence avec ses ambitions patrimoniales, touristiques et environnementales.
En résumé
PVD+ s’est confirmé comme ce dispositif qui fait de la qualité environnementale un facteur d’efficacité des projets et qui présente la transition comme un investissement dans l’avenir des territoires. Cette dynamique contribue également à réduire les inégalités territoriales car, en apportant une ingénierie technique et financière adaptée, PVD+ permet à des communes parfois très modestes d’accéder aux mêmes opportunités que des territoires plus dotés.
Dans les petites villes comme dans les espaces ruraux, la transition est déjà en marche. Elle s’infiltre dans une place réaménagée, une friche reconvertie, un équipement public rénové ou un espace naturel restauré. Le dispositif PVD+ a su démontrer que l’on peut concilier l’investissement public, la cohésion territoriale, la transition écologique et l’efficacité de l’action publique.
En 2023
255 sollicitations des PVD → 242 missions déployées → 160 missions terminées → Environ 7M € de subventions obtenues via PVD+ à la suite de l’accompagnement en Prestation 3 (Rédaction de dossiers de demande de financements) → Plusieurs documents/hubs/webinaires produits et disponibles sur notre site.
Classification des projets accompagnés par PVD+ par secteur
©Banque des Territoires
Classification des projets accompagnés par PVD+ par sous-secteur
©Banque des Territoires
Et maintenant ?
Les collectivités lauréates du programme PVD peuvent encore bénéficier, ce jusqu’en décembre 2026, de l’accompagnement PVD+ pour améliorer les ambitions environnementales de leurs projets et accéder à tous les financements auxquels ces projets sont éligibles. Elles peuvent déposer maintenant leur demande via la plateforme PVD+.