©Beatrix Von Conta
Épargnez l’eau !
L’eau est partout dans nos vies. On la boit, on la chauffe, on l’utilise pour se laver, cultiver, transporter, refroidir, etc. Indispensable au vivant, sa qualité et sa disponibilité doivent être préservées. Votre épargne réglementée contribue à sauvegarder ce bien commun : voici comment…
Le tour de la question
L’eau devient rare à certains endroits, fragile à d’autres, et plus complexe à partager partout.
L’eau qui coule de nos robinets semble aller de soi, jusqu’au jour où elle vient à manquer. Nous faisons face à un double constat : la ressource est de moins en moins disponible et sa qualité se détériore.
Du point de vue de l’économie, l’eau est indispensable au développement ou au maintien d’industries avides d’eau, tel que le transport de marchandises, l’irrigation agricole et la production d’électricité. Cette utilisation multiple (et parfois concurrente !) crée inévitablement des tensions. Les nouveaux usages, autour du numérique notamment, risquent d’ailleurs d’augmenter les conflits d’usage à l’avenir.
La Caisse des Dépôts agit, finance et transforme les territoires pour répondre aux défis liés à l’eau, une ressource qui se raréfie. Le Groupe se positionne comme un acteur de proximité, engagé et innovant, capable de fédérer des écosystèmes complexes autour de ce bien vital commun, grâce notamment à son offre de Prêt Transformation écologique.
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Une qualité en berne
Quantité et qualité de l’eau sont intimement liés. Alors que la loi française règlemente de longue date l’utilisation de molécules chimiques, notamment les pesticides ou les rejets de polluants industriels dans l’environnement, la qualité des eaux de surface et souterraine continue de se détériorer. Chaque année en France, le nombre de captages d’eau potable fermés augmente, du fait notamment de la dégradation de la qualité de la ressource en eau (pollutions aux pesticides, nitrates, PFAS, plastiques, etc.) Les démarches préventives sont fortement encouragées car elles génèreront des économies futures sur le traitement des eaux.
Tous les étés depuis près de 10 ans, la France subit des restrictions d'eau, souvent en raison d’une qualité défectueuse. Pourtant, l’eau du robinet est très contrôlée, elle fait l’objet d’un suivi sanitaire permanent par les fournisseurs et par le ministère de la santé afin d’en garantir la sécurité sanitaire.
Vérifier la qualité de l’eau dans ma commune
Cette nouvelle réalité change notre rapport à la ressource et nous oblige à penser autrement. Elle impose de limiter les pertes, de protéger les milieux naturels, de faire évoluer les pratiques et de préparer les territoires à des situations plus tendues. L’enjeu n’est plus seulement d’avoir de l’eau, mais de garantir une eau disponible, de qualité, durablement.
Autour de 100 aires de captage en eau potable sont fermées chaque année en raison d’une trop forte concentration de polluants
(source : BRGM/ADES, au 15 juillet 2025)
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Mission photographique Grand Est - Lac de Pierre-Percée (Meurthe-et-Moselle, 2019)
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MPGE - La source de la Saône dans l'oeil d'un miroir à Vioménil, Vosges, 2020
La ressource n’est pas infinie !
Canalisée, exploitée, et même parfois enfouie, l’eau est une richesse précieuse qui façonne les paysages et l’identité des territoires. Si la France dispose encore d’un patrimoine hydrique important, l’eau n'y est pas répartie de manière homogène, provoquant des disparités de besoins sur notre territoire. Il convient donc de continuer à assurer un accès à l’eau potable aux usagers urbains et ruraux de manière équitable et dans les mêmes conditions sur l’ensemble du territoire (métropolitain comme ultramarin).
Le changement climatique accélère encore les risques : il modifie le cycle de l’eau, transforme les saisons, accentue l’évaporation, réduit la recharge des nappes et rend les phénomènes extrêmes plus fréquents. Autrement dit, il perturbe tout ce qui permettait jusque-là un équilibre relativement stable. Et ce déséquilibre a des conséquences très concrètes : restrictions d’usage, sécheresses agricoles, baisse de rendement des réseaux, coûts supplémentaires pour les collectivités, fragilisation des milieux aquatiques, sans oublier les tensions régulières sur l’alimentation en eau potable.
Les scientifiques évaluent la disponibilité de la ressource eau à -30 ou -40% d’ici 2050 sur le territoire français, avec des disparités locales et de saison.
En France, deux secteurs économiques sont particulièrement exposés au risque de raréfaction de la ressource en eau : plus de la moitié du volume d'eau consommé annuellement est destiné à l’agriculture et le secteur de l’énergie est lui aussi très consommateur (par exemple avec le refroidissement des centrales nucléaires).
Une ressource précieuse… et coûteuse
Dans un contexte de réduction des aides de l’Etat, l’eau constitue un gros poste de dépense pour les collectivités. Les collectivités locales interrogées par l’Observatoire de la transformation écologique de la Banque des Territoires mentionnent la préservation de la ressource en eau comme une de leur priorité, sans forcément déclarer de travaux d’envergure associés. Toutes n’ont cependant pas le même degré de maturité. L’urgence est donc de les accompagner et de les former.
Les demandes de financement de la part des collectivités pour les projets consacrés au petit cycle de l’eau, concernant l’eau potable et l’assainissement, sont beaucoup plus nombreuses que celles qui touchent au grand cycle de l’eau (gestion des milieux aquatiques, prévention des inondations – GEMAPI, eaux pluviales).
Entre 2002 et 2018, la quantité d’eau douce en France a diminué de 14 % à cause du changement climatique
(source : aquagir.fr)
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D'autant que les dépenses sur le sujet risquent d’augmenter dans les années à venir sous l’effet du changement climatique et des réglementations. Une récente étude du programme Aquagir, de la Banque des Territoires, sur les investissements publics dans le secteur de l’eau en France, basée sur l’analyse de plusieurs années de commande publique, montre que les collectivités maintiennent un niveau d’investissement stable mais que les besoins explosent.
Le besoin de financement supplémentaire lié au changement climatique pourrait s'élever à 4,6 Mds€ par an.
Il inclurait des mesures de lutte contre les micropolluants et la réalisation de nouveaux réseaux séparatifs pour les eaux pluviales, en particulier pour faire face à des situations de fortes précipitations et au risque d'inondation, D’où l’intérêt de proposer des offres variées et financièrement compétitives aux collectivités.
Le message est clair : les investissements existent, mais ils doivent changer d’échelle pour répondre aux défis de demain.
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MPGE - Centrale hydroéléctrique sur la Moselle à Charmes-sur-Moselle (Vosges, 2019)
En action !
Derrière chaque décision publique, chaque arbitrage budgétaire, chaque projet de territoire, il y a une même question : comment préserver la ressource en eau ? C’est un enjeu majeur de notre époque qui concerne aussi bien les particuliers que les collectivités.
La Caisse des Dépôts agit comme un acteur de terrain, capable de transformer des enjeux complexes en solutions concrètes. Son rôle n’est pas seulement de financer : il est aussi d’outiller, de structurer et d’accélérer les projets qui permettent de mieux gérer l’eau dans les territoires. L’objectif est simple : aider les collectivités à passer de l’intention à l’action, avec des moyens adaptés, des expertises mobilisables et une vision de long terme.
EAU'ptimiste, ça ne coule pas de source !
©Caisse des Dépôts
Découvrez le premier épisode de notre série positive, immersive et pédagogique pour mieux comprendre les enjeux liés à la préservation de l’eau.
Un Groupe aligné
Le Groupe agit au quotidien avec ses filiales et partenaires en faveur de la sécurisation de la ressource en eau, notamment dans le but de maintenir l’efficacité du service public de l’eau. En s’appuyant sur l’expertise de ses filiales, dont Suez, la CNR, la SCET et CDC biodiversité, entre autres, le Groupe déploie des solutions adaptées aux besoins de chaque territoire et, quand cela est possible, fondées sur la nature.
L’objectif à court terme est de participer à l’effort national de réduction de 10% de la consommation en eau d’ici 2030, comme mentionné dans le « Plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau » gouvernemental de mars 2023. Le gouvernement s’était alors rapproché de la Banque des Territoires pour établir une « nouvelle génération de prêts à taux bonifié pour les collectivités territoriales, couplées à une offre d’accompagnement de bout-en-bout » (mesure 41).
Le Groupe s'engage,
dans le cadre de ses activités, à prendre davantage et mieux en compte les enjeux liés à la biodiversité, l'eau et les sols, en concordance avec les objectifs nationaux et internationaux de protection de la nature.
Le Groupe a adopté une Politique Nature en juillet 2025, agrégeant des engagements eau et biodiversité déjà existants. Elle s’appuie sur les normes européennes de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) et sera mise à jour régulièrement dans une démarche d’amélioration continue.
Parmi ses mesures phares, le Groupe s’engage à mesurer la pollution aquatique causée par ses activités opérationnelles et/ou générées par les contreparties financées et/ou investies d’ici à 2027, à déployer des outils de financement durables et performants et à encourager la sobriété des usages.
Son volet Eau se structure autour d’engagements communs pris au niveau du Groupe et d’engagements spécifiques pris par métiers et par chaque entité au titre de son fonctionnement interne.
Les objectifs de la Politique eau du Groupe sont notamment de :
- COMPRENDRE ses impacts et ses risques notamment liés à la localisation d’actifs opérationnels ou financiers en zone de stress hydrique ;
- RÉDUIRE son impact sur la ressource ; le Groupe s'engage à être exemplaire sur son fonctionnement interne en réduisant la consommation d'eau de ses bureaux. Les métiers opérationnels du Groupe s’engagent par exemple à accompagner le déploiement d’actions de sobriété hydrique dans leurs activités.
- PROTÉGER les milieux aquatiques et humides via des financements et des projets concrets, par exemple en finançant le programme Nature 2050, qui aide, entre autres, à recréer des zones naturelles pour filtrer l’eau et abriter des espèces menacées.
Quand l’épargne sert l’intérêt général
Le Groupe agit au plus près des besoins spécifiques des territoires avec une vision de long terme. En mobilisant une partie de l’épargne réglementée qui lui est confiée, la Caisse des Dépôts oriente une partie de l’épargne vers des projets utiles, concrets et ancrés dans les territoires. Ce modèle donne au financement public une portée très concrète : il relie le geste d’épargne à l’intérêt général. Autrement dit, ce qui est placé de manière sécurisée peut aussi contribuer à construire des territoires plus sobres, plus résilients et mieux préparés.
Le prêt Transformation Ecologique, porté par la Banque des Territoires, permet de financer - sur fonds d'épargne - tout projet en faveur du Secteur Public Local concourant aux principaux objectifs de la transition écologique : gestion durable de l'eau, adaptation au changement climatique, rénovation thermique des bâtiments, préservation de la biodiversité ou encore décarbonation des mobilités.
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La Marne - Sous le pont de Champigny-sur-Marne (7/12/2023)
Comment ça marche, concrètement ?
L’argent que vous déposez sur le Livret A, le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ou encore sur le Livret d’Epargne Populaire (LEP), confié par l’État à la Caisse des Dépôts, est utilisé selon un modèle de transformation unique et original. Celui-ci assure la centralisation et la gestion d’environ 60% de l’épargne réglementée des Français. C’est à partir de cet argent (le vôtre !) que les prêts aux collectivités peuvent être effectués.
Le prêt Transformation Ecologique leur est proposé au taux du Livret A, augmenté de 50 points de base et couvre des maturités allant de 25 ans à 60 ans selon la durée de l’actif financé.
L'Aquaprêt permet ainsi de financer des projets vertueux nécessitant des infrastructures durables dans le temps. Les communes restent les emprunteurs majoritaires (devant les intercommunalités).
Des solutions qui font leur preuve
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En appui des élus et collectivités locales pour accélérer, la Banque des Territoires œuvre avec ses partenaires pour une ressource en eau préservée en quantité et en qualité, grâce à son programme Aquagir proposant un appui aux territoires allant de la sensibilisation au financement des projets avec de nombreuses ressources.
Outiller les décideurs
Cette logique de transformation repose sur un principe fort : tous les territoires ne partent pas du même point. Les besoins ne sont pas les mêmes dans une commune rurale, une grande agglomération, un territoire littoral, une vallée fluviale ou un territoire ultramarin. Les réponses doivent donc être différenciées, adaptées et construites avec les acteurs locaux. Il n’existe pas de solution unique. Il faut une boîte à outils capable de s’ajuster à la diversité des situations ; c’est précisément ce que permet l’approche de la Caisse des Dépôts, qui combine ingénierie, prêts, financement et consignation. Elle aide les collectivités à ne pas rester seules face à des enjeux devenus stratégiques. Elle leur donne des leviers pour préparer l’avenir, plutôt que subir les urgences. Elle encourage aussi une manière plus intelligente de gérer l’eau, fondée sur la prévention, la sobriété et la coopération.
L'ambition du groupe Caisse des Dépôts est de massifier ses interventions sur l’eau pour impulser une augmentation des investissements dans le secteur afin de mieux répondre aux besoins, notamment aux effets du changement climatique. Pour cela, il a mis en place le programme dédié Aquagir en 2023.
Un outil précieux de valorisation des données sur l’eau : focus sur Aquarepère
Pensé en partenariat avec l’Office français pour la biodiversité, les agences de l’eau, le ministère de la Transition écologique, Météo France et le BRGM, cet outil digital gratuit accompagne les collectivités dans l’aide à la décision et leur permet de visualiser l’état des ressources en eau sur leur territoire. Conçu pour être pédagogique et accessible, il propose également des contenus interactifs, des données enrichies et des retours d’expérience (annuaire de base de données, idées reçues, retours d’expérience, article expert). L’outil va d’ailleurs bientôt évoluer vers plus de prospective. Une version mise à jour d’ici fin 2026 intégrera des données mesurant les impacts du changement climatique et proposera des prévisions pour anticiper l’évolution des ressources en eau.
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La Moselle à Epinal (Vosges, 2020)
Anticiper les vulnérabilités
L’action du Groupe prend plusieurs formes. Elle commence par une meilleure compréhension des enjeux. Avant de choisir les projets à financer, il faut savoir où se situent les vulnérabilités, quels sont les risques, quelles infrastructures sont les plus exposées, quels usages exercent la plus forte pression, et quelles solutions peuvent être mises en place à l’échelle d’un territoire. Cette phase de diagnostic est essentielle, parce qu’un bon projet commence toujours par une bonne lecture du terrain.
Une part importante du patrimoine date de plusieurs décennies, alors même que les exigences augmentent et que les conditions climatiques changent. Près de la moitié des infrastructures françaises ont été installées avant 1972 ; elles ont normalement une durée moyenne de vie de 50 à 60 ans.
Pour les éviter, le patrimoine des infrastructures du réseau de distribution d’eau doit absolument être entretenu et maintenu, voire restauré dans certains cas. Cela nécessite des investissements importants pour les moderniser et augmenter leur rendement. C’est là que les solutions proposées par le Groupe et ses filiales prennent tout leur sens.
Grâce à l’Aquaprêt, plus de 25 M de m3 d’eau ont été économisés en France en 2024 dans la lutte contre les fuites.
Pour les infrastructures d’eau, les prêts de long terme permettent par exemple de financer des réseaux d’eau potable, leur réhabilitation ou encore la désimperméabilisation des sols. Cette gamme de financements permet d’accompagner des projets concourant à la gestion vertueuse de la ressource en eau. Ces prêts à taux fixe ou révisable pèsent moins sur l’épargne nette des collectivités, leur permettant ainsi de maintenir ou renforcer leur niveau d’investissement et de ne pas différer des travaux urgents malgré la conjoncture défavorable.
Plus d'un milliard de mètres cubes sont perdus chaque année en raison de fuites dans les canalisations.
Le Groupe, à travers sa filiale, SUEZ, participe à la construction d’Haliotis 2, le plus grand projet de station d’épuration de nouvelle génération en France.
Cette usine « trois-en-un » permettra de traiter les eaux usées pour préserver la Méditerranée, de les réutiliser et de générer des énergies renouvelables liées à l'eau. Ce futur complexe de la Métropole Nice Côte d’Azur, dont la première pierre a été posée en mai 2025 :
- traitera les eaux usées de 26 communes, soit l’équivalent de 680 000 habitants ;
- une unité industrielle de Réutilisation des Eaux Usées Traitées (REUT) capable de recycler 5 M de m3 par an, soit la totalité des besoins pour l’arrosage des espaces verts et le nettoyage des voiries de la Ville de Nice, complètera le dispositif;
- La valorisation énergétique des boues d’épuration permettra de produire 43 GWh/an de biométhane, équivalent à la consommation de 11 000 logements ou de 290 bus ;
- La chaleur issue de la combustion des boues alimentera également le réseau de chaleur local.
Haliotis 2 a été pensée pour offrir un service d’excellence aux habitants du territoire, à la fois en termes de performance environnementale, de circularité des ressources et de préservation de ce site exceptionnel. Tous les savoir-faire et technologies de SUEZ dans le traitement des boues d’épuration, la réutilisation des eaux usées traitées et la valorisation énergétique seront déployés dans ce site unique.
Pour financer le projet, la Banque des Territoires a accordé un prêt exceptionnel de 600 millions d'euros et la Banque européenne d'investissement (BEI) un second de 170 millions d'euros.
Garantir la ressource
La Directive Cadre sur l’Eau (DCE) s’est fixé l’objectif de 100% des masses d’eau souterraines et superficielles en France en bon état d’ici 2027. Afin de permettre à tous et toutes de continuer à consommer de l’eau potable de qualité, le Groupe investit pour garantir un approvisionnement fiable et constant. À des échelles différentes, les projets portés par le Groupe montrent son engagement dans la préservation de la ressource pour les années à venir.
La preuve avec ces deux exemples :
Améliorer la qualité de l’eau du robinet pour 4 millions d’usagers franciliens
Le Groupe a mis son offre à disposition du plus grand service public d’eau potable en France, le SEDIF (Syndicat des Eaux d'Ile de France), qui regroupe 133 communes. L’Aquaprêt signé de 967 M €, adossé au Livret A, est destiné au financement des travaux de modernisation de l'usine de Méry-sur-Oise et à la création de nouvelles infrastructures pour les usines de Choisy-le-Roi et de Neuilly-sur-Marne. Ces derniers ont pour objectif de fournir aux usagers une eau du robinet toujours plus sûre pour la santé grâce aux dernières technologies de pointe, avec la mise en place d'une filière membranaire haute performance (combinaison d’osmose inverse basse pression et de nanofiltration). Ce traitement de finition permettra de produire une eau débarrassée d’un maximum de micropolluants, de perturbateurs endocriniens, de résidus médicamenteux, ou encore de microplastiques. Le SEDIF concrétise ainsi son projet d’amélioration et de sécurisation de son processus de traitement de la ressource pour se débarrasser définitivement, à terme, de l’utilisation du chlore. Au-delà du montant, le prêt accordé par la Banque des Territoires est atypique par sa durée (30 ans), avec une phase de mobilisation de huit ans et une durée d’amortissement de trente ans
En Outre-mer, que faire quand l'eau en tant que ressource n'existe pas ?
Sur l'île de Saint-Martin, l'eau est uniquement produite par le dessalement de l'eau de mer ! Face à cette problématique, la Banque des Territoires a accordé11 M € de prêt à la collectivité de Saint-Martin fin 2025 pour réhabiliter les réseaux d'eau potable et les réseaux d'assainissement sous forme d’une subvention d’investissement à destination de l’Etablissement des Eaux et de l'Assainissement de Saint-Martin (EEASM). C'est une manière efficace d'avoir un impact sur la qualité de l’eau afin d’éviter que des eaux usées non traitées partent dans l'environnement.
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La Meurthe à Baccarat (Meurthe-et-Moselle, 2020)
Réduire les impacts
À cela s’ajoute la réduction des impacts, qui passe par des gestes très concrets : diminuer la consommation d’eau dans les bâtiments, limiter les fuites dans les réseaux, récupérer l’eau de pluie quand c’est possible, intégrer des solutions plus sobres dans les projets neufs, et encourager des pratiques plus durables chez tous les acteurs concernés. L’objectif n’est pas seulement de faire des économies, même si elles sont importantes, il s’agit surtout de ménager une ressource devenue précieuse.
Les solutions limitant l’usage de l’eau potable tendent à se multiplier. Elles ont l’avantage de diminuer la pression sur la ressource. Parmi celles-ci, l’arrosage des jardins publiques avec l’eau de pluie récupérée, par exemple. Cela paraît simple, mais ça ne l’est pas tant que ça! En ville, ces espaces contribuent en plus à la biodiversité et à l’adaptation au changement climatique en tant que zones de fraîcheur.
La ville de Thaon-les-Vosges (88) a pris un virage radical dans sa démarche de gestion de l’eau. Depuis quelque temps, les eaux pluviales sont restituées directement dans le milieu naturel, sans passer par la station d’épuration. Pour cela, la ville effectue de nombreux travaux de voirie auxquels elle intègre systématiquement la récupération des eaux de pluie à la parcelle. Une solution vertueuse qui allie le beau et l’utile en participant à la végétalisation des rues et en diminuant les risques d'inondation. Ce système enlève la pression sur les infrastructures existantes en les préservant et a une incidence sur la qualité de l’eau brute qui est ensuite prélevée pour la rendre potable.
Le logement social, laboratoire des bonnes idées
Premier financeur du logement social, la Caisse des Dépôts améliore la vie des Français au quotidien. Le sujet de l’eau est désormais devenu un paramètre stratégique du pilotage patrimonial et des charges locatives du parc de logements sociaux géré par le Groupe, CDC Habitat en premier lieu. Une des actions prioritaires porte ainsi sur la réduction des consommations dans les logements sociaux. Grâce à la télé relève, le bailleur social Loire Habitat fait par exemple état d'une baisse de 17 % des volumes d'eau chaude sanitaire consommés dans ses propriétés sur cinq ans.
L'Union sociale pour l'habitat et la Banque des territoires ont publié en mars 2026 un Panorama consacré à la gestion de l'eau dans le parc social.
40 à 50 % des usages domestiques ne requérant pas d'eau potable, la valorisation des eaux non conventionnelles, eaux pluviales et eaux grises notamment, est une solution à privilégier. Aujourd’hui, les financements de projets prônant la réutilisation des eaux usées traitées (REUT), pourtant préconisée dans le Plan eau gouvernemental de 2023, restent encore marginaux, et très souvent cantonnés à des diagnostics.
Et maintenant ?
Parler d’eau, ce n’est pas parler d’une ressource abstraite, c’est parler de notre quotidien, de nos territoires, de nos choix collectifs et de notre capacité à anticiper. L’eau relie tout : la ville et la campagne, le présent et l’avenir, les besoins humains et la préservation du vivant. Dépendante des aléas du climat, cette ressource est extrêmement fragile dans le contexte de changement climatique dans lequel nous sommes entrés. Afin d'anticiper les changements à venir, mieux vaut investir en amont, restaurer les équilibres, protéger les ressources et anticiper les tensions, plutôt que devoir gérer plus tard des crises coûteuses et difficiles à résoudre. L’eau impose désormais une vision de long terme, qui ne peut se construire qu’avec une mobilisation collective, des décisions cohérentes et des moyens à la hauteur.
©Beatrix Von Conta
MPGE - La source de la Saône dans l'oeil d'un miroir à Vioménil, Vosges, 2020
Les photographies présentées dans ce Grand Dossier appartiennent à la série Le Grand Est, dans le miroir des sources, réalisée par Beatrix Von Conta. Lauréate de la Mission photographique Grand Est (MPGE) 2019-2020, son approche est centrée sur la question de l’eau sous deux angles différents, mais complémentaires : l’eau visible et invisible et sa manifestation au coeur du paysage. Cours d’eau majeurs - présences aquatiques visibles - et villes thermales - constellations urbaines à partir de sources invisibles. Deux reflets différents dans le miroir tendu par l’eau.
L’ouvrage collectif Grand Est, une mission photographique (2019-2020) est publié aux éditions Poursuite, Arles, réédité en 2022.
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