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Électro-Puissance : un choix sans regret pour la France

Date de publication 05 octobre 2026

Temps de lecture 4min

©Sarkar /Adobe stock

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Les citoyens français, à l’instar de l’ensemble des Européens, sont directement exposés aux secousses de la scène internationale. Qu’elles viennent de Washington, de Moscou ou de Pékin, les décisions politiques et économiques influencent directement l’emploi, le pouvoir d’achat et la compétitivité en France.

L’énergie, le talon d’Achille géopolitique et social de la France

La multiplication des crises — notamment la guerre en Ukraine et les tensions en Iran — rappelle brutalement la fragilité d’un modèle économique dépendant du gaz et du pétrole. Chaque choc géopolitique se traduit par une hausse immédiate des factures des 13 millions de foyers chauffés au gaz ou au fioul, ainsi que celle des 39 millions de conducteurs de véhicules essence ou diesel. Cette dépendance est un transfert direct de richesse en dehors du territoire : en 2025, en moyenne, chaque ménage français a fait un chèque de 450 euros à la Russie et aux États-Unis pour se déplacer et se chauffer. Cette vulnérabilité se manifeste également dans l’industrie. Entre la politique industrielle chinoise et les mesures protectionnistes américaines, l’industrie française — qui a déjà perdu près de 2,5 millions d’emplois depuis les années 1970 — risque une nouvelle vague de délocalisations ou de fermetures d’usines. Ce sont désormais les secteurs à forte valeur ajoutée (chimie, automobile, énergie) qui se trouvent en première ligne.

Vers un modèle d'électro-puissance démocratique

Cette vulnérabilité n’a pourtant rien d’une fatalité. La solution réside dans la transformation de la France en une électro-puissance.

Par opposition aux « petrostates » (comme les États-Unis ou la Russie) qui appuient leur économie sur l’exploitation et l’exportation de gaz et de pétrole, les « electrostates » fondent leur développement industriel et technologique sur l’électricité. La Chine s’est imposée comme le leader de ce modèle. La France, qui ne dispose pas de ressources fossiles, ne peut devenir un « petrostate ». Elle ne partage pas les valeurs du modèle autoritaire d’« electrostate » chinois, mais elle a la capacité de bâtir une troisième voie : celle d’une électro-puissance démocratique qui place la protection et les besoins des citoyens au cœur de ses priorités. Cette voie est un choix — celui de préserver la population des chocs géopolitiques et de réindustrialiser son économie.

Les atouts considérables de la France

La France dispose déjà d’un avantage majeur : une électricité abondante, bon marché et décarbonée à 95 %, issue du parc nucléaire et de la montée en puissance des énergies renouvelables. Cependant, cette électricité ne couvre aujourd’hui qu’un quart des besoins énergétiques du pays. C’est là le paradoxe énergétique français qu’il convient de résoudre. Notamment en accélérant l’électrification des usages par un soutien aux ménages, en particulier aux classes moyennes et populaires, et aux entreprises. Équiper les ménages et les entreprises de voitures électriques et de pompes à chaleur par des mécanismes de bonus, de leasing social et de garanties publiques permettrait de renforcer la résilience de l’économie française. Ce sont 8 millions de logements et 7 millions de véhicules qui pourraient être électrifiés en l'espace de cinq ans. Autant de Français qui pourraient s’affranchir de leur dépendance au gaz et au pétrole. 

Carte de France des principaux sites de l’industrie verte

©Carte d'usines françaises

Les retombées industrielles et territoriales

La France possède un tissu industriel dense pour mener ce chantier. Les filières des batteries, des équipements électriques, des pompes à chaleur et des éoliennes représentent aujourd'hui près de 160 sites et 168 272 emplois. Le secteur de l’industrie verte est le moteur de la réindustrialisation : pour la deuxième année consécutive, la décarbonation a généré plus d'ouvertures d'usines en France que l'agroalimentaire, la défense ou l'intelligence artificielle. Dans les cinq prochaines années, le nombre de salariés dans l'industrie verte liée à l'électrification pourrait doubler pour atteindre 354 778 emplois. C’est une vraie revitalisation des bassins industriels et miniers traditionnels qui est en jeu. De Saint-Nazaire à Fos-sur-Mer, en passant par Douai, Annonay ou Hambach, cette dynamique redonne un souffle économique aux territoires.

Convertir l’avantage électrique français en un outil de réindustrialisation et de protection sociale est une opportunité historique. La concrétisation de cette stratégie dépendra des arbitrages politiques à venir. L’heure n’est pas au ralentissement de l’électrification. Se fixer un cap de 50 % de l’économie française électrifiée en 2040 et aligner la fiscalité, l’investissement et le soutien public sur cet objectif, pourrait engager le grand chantier de l’électro-puissance française. 

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