L’évolution jusqu’en 2025 des effectifs et des caractéristiques des nouveaux pensionnés des fonctions publiques territoriale et hospitalière : quelle influence des réformes ?
En 2025, le régime de retraite des fonctionnaires hospitaliers et territoriaux, la CNRACL, a attribué 87 751 nouvelles pensions, dont 8 009 retraites progressives, 69 650 pensions (définitives) de droit direct et 10 092 de droit dérivé. Cet article propose une mise à jour de celui de janvier 2026 avec la prise en compte des départs en retraite de l’année 2025.
Bien qu’en augmentation tendancielle pendant les années 2010 du fait de la démographie des cotisants, le nombre de nouveaux pensionnés a connu de fortes variations d’une année sur l’autre en raison des réformes des retraites successives (graphique 1).
Graphique 1. Évolution du nombre de nouveaux pensionnés de droit direct
©QPS-Les brèves n°40
Note de lecture : un nombre de départs qui a plus que double depuis le début des années 2000, avec des heurts induits par les différentes réformes des retraites.
La réforme de 2003 a ainsi généré deux vagues de départs : une première fin 2003, conséquence d’une anticipation des effets redoutés des nouvelles règles mises en application dès le 1er janvier 2004, et une seconde entre 2006 et 2008, en lien avec la montée en charge du dispositif de départ anticipé pour carrière longue.
Les mesures adoptées dans le cadre de la réforme de 2010 ont également eu un fort impact sur les flux de départs. La fermeture du dispositif de départ anticipé pour les fonctionnaires parents d’au moins 3 enfants a tout d’abord occasionné une vague massive de sorties pour ce motif en 2011, tandis que la réduction de 15 à 2 ans de la durée minimale de service pour bénéficier d’une pension du régime augmentait durablement le nombre de nouveaux pensionnés. A contrario, la montée en charge du décalage de 60 ans à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite a engendré une stabilité entre 2013 et 2015 du flux de nouveaux pensionnés.
En lien avec la réforme de 2023, qui amène les générations concernées à différer leur départ, le flux de départ des droits directs vieillesse a connu deux années consécutives de baisse : -4,8 % en 2023 et -16,4 % en 2024. Il repart à la hausse en 2025 (+5,3 % par rapport à 2024) mais demeure inférieur aux niveaux de 2022 et 2023 du fait de la montée en charge de la réforme. Par ailleurs, on note une augmentation très significative des départs en invalidité, +51 % par rapport à 2024. Les flux de départ en invalidité représentent 17,0 % du total des liquidations définitives de droit direct en 2025, contre seulement 12,5 % en 2024.
Quant aux entrées en retraite progressive, apparues en 2024, leur nombre a doublé entre 2024 et 2025, notamment en raison de la baisse de 2 ans, depuis le 1er septembre 2025, de l’âge minimum requis pour bénéficier de ce dispositif, passant de 62 ans à 60 ans. Elles représentent 12,2 % des attributions de pension de droit direct vieillesse et retraite progressive.
Un autre fait marquant est la forte augmentation de l’âge moyen à la liquidation des droits directs vieillesse, passé de 58,4 ans en 2010 à 62,8 ans en 2025 (+0,5 an entre 2023 et 2025, en lien avec les effets de la réforme de 2023). Si cette hausse très nette doit beaucoup au relèvement de l’âge d’ouverture des droits, d’autres facteurs ont également joué comme la hausse, génération après génération, de la durée d’assurance requise pour le taux plein, ou bien la réduction progressive de la part des fonctionnaires éligibles au dispositif de catégorie active, notamment à l’hôpital (voir le QRS-Les études 31).
Graphique 2. Evolution de l’âge moyen au départ à la retraite des droits directs vieillesse (âge à la liquidation)
©QPS-Les brèves n°40
En revanche, la durée validée moyenne des droits directs vieillesse a légèrement diminué sur les treize dernières années en raison du poids grandissant des pensionnés validant moins de 15 ans de service. Elle s’est élevée à 117,2 trimestres en 2025.
60,5 % des agents nouvellement retraités en 2025 sont issus de la catégorie hiérarchique C. Cette proportion est en baisse de 6 points par rapport à 2021, principalement en raison du reclassement en catégorie B des aides-soignants et auxiliaires de puériculture.
La pension moyenne mensuelle des nouveaux pensionnés de droit direct s’élève à 1 462 € brut en 2025, en progression de 11 % par rapport à 2010 (en € courants). Cette augmentation a été particulièrement marquée entre 2020 et 2022 dans le versant hospitalier (+14,6 % contre seulement +5,0 % chez les territoriaux), notamment en raison des mesures de revalorisation de carrière mises en œuvre suite au Ségur de la santé de 2020.
Pour aller plus loin :
Retrouver le document complet réalisé par Guillaume Bourrillon sur « L’évolution jusqu’en 2025 des effectifs et des caractéristiques des nouveaux pensionnés des fonctions publiques territoriale et hospitalière : quelle influence des réformes ? » dans Question Politiques Sociales - Les brèves n°40 ainsi que les données des tableaux, graphiques et cartes. QPS – Les brèves est une publication de la direction des politiques sociales (DPS) de la Caisse des Dépôts. Ce format condensé propose des éclairages statistiques sur des sujets liés aux missions de la DPS, accompagnés d’un bref commentaire. Elle est complétée par QPS – Les études qui a vocation à faire connaître les résultats des travaux d’études dans l’ensemble des domaines de la protection sociale (retraite, vieillissement, handicap…) et de la formation professionnelle, et par QPS - Les cahiers qui est une série de documents de travail diffusant des études approfondies. L’ensemble des numéros est disponible sur le site https://politiques-sociales.caissedesdepots.fr/ à la rubrique Publications et statistiques.