étude CD'solutions 28 juil. 2020

Le recours au Compte personnel de formation pour la formation professionnelle des salariés en situation de handicap

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La loi fixe à toute entreprise et tout établissement public d’au moins 20 salariés une obligation d’emploi de 6 % de personnes handicapées (loi du 10 juillet 1987, renforcée par celle du 11 février 2005). Cette étude propose une évaluation inédite de la formation des bénéficiaires de cette obligation d’emploi des personnes en situation de handicap (BOE) dans le cadre du compte personnel de formation (CPF). En 2018, la mobilisation du CPF par les BOE a progressé avec près de 11 100 entrées en formation contre 9 800 en 2017, soit une augmentation de 13 %. C’est toutefois moins que l’évolution constatée sur la même période pour l’ensemble des salariés du secteur privé (+ 41 % selon la Dares). Rapporté l’ensemble des BOE dans les établissements de 20 salariés et plus, le taux de recours au CPF s’établit ainsi à 2,0 % en 2017, celui des salariés du secteur privé s’élevant à 1,4 %.

Comparés à l’ensemble des salariés du secteur privé, les BOE sont plus âgés et moins diplômés ; les ouvriers y sont relativement plus nombreux et les cadres moins représentés. Ces spécificités se retrouvent lorsque l’on considère les seules personnes ayant commencé des formations : les BOE formés sont plus âgés, moins diplômés, plus souvent des ouvriers et moins souvent des cadres que les salariés du privé entrés en formation. Mais le recours à la formation via le CPF décline fortement après 50 ans chez les BOE : 1,2 % après 50 ans contre 2,9 % avant 50 ans. La baisse du taux de recours après 50 ans est nettement plus marquée chez les BOE que pour l’ensemble des salariés du privé.

Les principales formations suivies par les BOE dans le cadre du CPF relèvent des mêmes domaines de formation que pour les salariés du secteur privé : langues (26 % des formations en 2018), informatique (16 %), transport (15 %), développement des capacités d’orientation et d’insertion professionnelle (12 %) et sécurité (3 %). Ces cinq premiers domaines de formation représentent ainsi 72 % de l’ensemble des formations suivies. La prépondérance des formations en langues est toutefois moins marquée que chez l’ensemble des salariés du privé. Les durées moyennes et les coûts de formation sont voisins de ceux constatés pour l’ensemble des salariés sur ce cœur de formation pour l’essentiel sans niveau spécifique diplômant. A contrario, une minorité de formations suivies par les BOE sont plus longues et plus chères que pour les salariés : elles correspondent le plus souvent à des formations diplômantes, principalement dans le secrétariat, la bureautique, le commerce et la vente, la comptabilité et la gestion, ou encore les ressources humaines et le social. En 2018, la durée moyenne de formation des BOE est de ce fait supérieure de 66 % à celle des salariés du privé (144 heures, à comparer à 87 heures). La différence sur le coût pédagogique moyen est moins marquée : l’écart est de 14 % en faveur des formations suivies par les BOE.

 

Retrouver l’étude complète réalisée par Philippe Treilhou sur le recours au CPF des salariés bénéficiaires de l’obligation d’emploi en situation de handicap via le lien suivant :