article CD'enjeux 15 avr. 2021

Les attentes et la perception de la retraite en France : enquête Pat€r 2020

Réalisée au printemps 2020, la dernière vague de l’enquête Pat€r (PATrimoine et préférences vis-à-vis du TEmps et du Risque) a fourni l’occasion d’interroger, comme en 2012, un échantillon représentatif de Français sur leurs attentes et perceptions vis-à-vis de la retraite, au terme de plusieurs mois de débats et de mobilisation sociale autour du projet de système universel de retraite

Les réponses font apparaître des évolutions très contrastées entre 2012 et 2020. La compréhension générale du fonctionnement du système actuel a sensiblement fléchi chez les moins de 35 ans mais s’est maintenue dans les autres tranches d’âge. Dans le même temps, la connaissance qu’ont les Français de leurs droits personnels en matière de retraite a fortement progressé et ce à tous les âges. Il faut y voir l’effet, peut-être du débat public sur les retraites fin 2019 et début 2020, et plus certainement, de la systématisation du droit à l’information (DAI) dont n’avait bénéficié qu’une partie des personnes interrogées en 2012. Ce constat appelle toutefois un bémol de taille : la connaissance des droits personnels a beaucoup moins progressé chez les 25 % de Français aux revenus les plus faibles (+ 6 points) que chez les 50 % de Français aux revenus les plus élevés, pour lesquels on constate une hausse de 18 points.

 

Graphique 1. Indicateur de connaissance de ses droits personnels en 2020

Source : Pat€r-2020.
Lecture : 58 % des hommes ont une bonne connaissance de leurs droits à retraite, contre 48 % des femmes.

L’analyse de la perception par les Français de l’avenir du système fait apparaître le même type de hiatus entre un degré d’inquiétude quant à l’avenir du système de retraite en général à la fois élevé et en progression par rapport à 2012 (notamment chez les retraités), et un degré d’inquiétude quant à leurs droits personnels à la fois plus faible et en nette diminution par rapport à 2012 (graphique 2). La progression de la connaissance de leurs droits personnels n’y est sans doute pas étrangère : les personnes se déclarant bien informées sur ce plan sont aussi nettement plus confiantes que les autres.

 

Graphique 2. Indicateur du niveau d’inquiétude à l’égard des droits personnels par âge

Sources : Pat€r-2012 et Pat€r-2020.
Lecture : 59 % des moins de 35 ans sont inquiets pour leurs droits à retraite en 2020 contre 66 % en 2012 (score d’inquiétude > 0).

 

En termes d’anticipation de montant de pension, 40 % des personnes interrogées s’attendent à ne pas avoir de pension au moment de leur départ et 25 % à ce que le système de retraite n’existe plus, avec une proposition plus importante parmi les personnes plus jeunes (resp. 52 % et 42 % des 25-34 ans pour l’absence de retraite et pour la fin du système). Pour autant, mis dans un contexte où le système perdure, les personnes interrogées anticipent un niveau de pension au moment de leur départ en retraire plutôt élevé (en moyenne de 76 % de leur revenu de 2020). Ce taux de remplacement est même plus élevé pour les plus jeunes (81 % pour les 25-34 ans).

Si les répondants sont très majoritairement (63 %) attachés au système actuel (probablement en lien avec le fait qu’il procure encore des taux de remplacement élevés), ils ne sont pas avares de critiques : appelés à qualifier le système actuel, beaucoup le jugent notamment complexe et injuste. Les réponses au même type de questionnement cette fois sur le projet de système universel de retraite font apparaître une population très partagée.

Enfin, invités à indiquer quelles mesures ils privilégieraient pour rétablir l’équilibre financier du système, les répondants citent davantage celles visant à retarder l’âge de liquidation (notamment via la hausse de la durée de cotisation) que la hausse des cotisations sur les actifs. Les mesures affectant le pouvoir d’achat des retraités recueillent peu de suffrages

 

Graphique 3. Part des répondants aux mesures privilégiées pour équilibrer le système de retraite par âge

Source : Pat€r-2020.
Lecture : l’allongement de la durée de cotisation (sans modification de l’âge légal) est choisi par 51 % des moins de 35 ans, par 55 % des 35-49 ans, par 54 % des 50 ans et plus non retraités et par 66 % des retraités.
Note de graphique : pour simplifier la lecture certains items sont raccourcis sur le graphique. L’intitulé précis dans l’enquête de « Allongement durée de cotisation » est « L’allongement de la durée de cotisation (sans modification de l’âge légal) », celui de « Augmentation cotisations » est « augmentation des cotisations pesant sur le revenu » ; celui de « non revalorisation des pensions » est « la non revalorisation des pensions versées aux actuels retraités » ; celui de « Diminution des pensions versées aux nouveaux retraités » est complété de « (durcissement des règles de calcul) » et celui de « baisse des pensions » est « baisse des pensions versées aux retraités actuels ».

 

La vague Pat€r-2020 a également permis de fournir un éclairage sur l’impact de la prolongation du confinement sur l’intention d’épargne des ménages français (cf article "Comportements d’épargne en période de confinement – Enquête PAT€R 2020") et des personnes autour de la retraite (document 10 de la séance 18 mars 2021 du Conseil d’orientation des retraites).

 

Aller plus loin

Retrouvez l’étude complète « Les attentes et la perception de la retraite en France : exploitation de la vague 2020 de l’enquête Pat€r » dans Questions Politiques Sociales – Les études n°33, ainsi que les données des graphiques. QPS – Les études est une publication de la direction des politiques sociales de la Caisse des Dépôts. Elle a vocation à faire connaître les résultats des travaux d'études dans les domaines de la retraite, de la protection sociale et de la formation professionnelle. Elle est complétée par QPS – Les cahiers qui est une série de documents de travail diffusant des études approfondies et QPS – Les brèves qui propose des éclairages statistiques.