« Ce fut une bataille épuisante pour me faire respecter. »

Ancienne Miss France et Miss Europe, Elodie Gossuin a siégé au Conseil régional de Picardie pendant 11 ans (de 2004 à 2015). Elle nous partage son respect pour la fonction d'élu et son amour de la République française.

 Quelles étaient vos attributions au conseil régional de Picardie ? 

© Jean Brice Lemal / 6TER

 

 
Au cours de mes deux mandats, j’ai eu l’honneur de siéger dans la commission en charge de l’économie sociale et solidaire, la santé, la vie associative, des manifestations culturelles ... Nous travaillions main dans la main sur des actions concrètes et indispensables bien éloignées des tergiversations politiciennes. Les lycées étant de compétence régionale, il me tenait particulièrement à cœur d’être engagée sur les problématiques prioritaires de prévention santé auprès des jeunes : l’alimentation, les conduites addictives, l’activité physique, la vaccination, la contraception ... La quasi-totalité des dossiers que je traitais avec mes collègues étaient de dimension éducative et sociale. 

Aussi, notre objectif prioritaire était d’apporter un soutien aux populations, en luttant contre les déserts médicaux (on constate l’utilité de ce combat aujourd'hui !), en aidant les établissements publics de santé, les centres sociaux, les associations ou encore en développant les maisons pluridisciplinaires. 

 

Pourquoi avoir voulu vous engager en politique après avoir été élue Miss France en 2001 ?

 

Pendant mes années de Miss, j’ai pris conscience de la tribune qui m’était accordée, des actions que je pouvais mener ponctuellement pour diverses associations. Lorsque Gilles de Robien, alors ministre, m’a proposé d’être sur sa liste pour les régionales, j’ai accepté car j’y ai vu l’opportunité de pouvoir continuer à être active mais dans un cadre plus légitime et constructif, sans obligation de me politiser ni de prendre ma carte dans un quelconque parti.

Tout cela vient de l’envie d’être utile, de participer, de pouvoir agir, dans l’utopie que les clichés liés aux « Miss » tomberaient avec la légitimité d’un mandat… J’ai travaillé consciencieusement mais pour être tout à fait honnête ce fut une bataille épuisante pour me faire respecter. Certains propos ou regards m'ont profondément blessée.

Crédit
© Guilhem Canal / RFM

Heureusement, j’ai croisé sur ma route des élus formidables, altruistes, engagés pour l’intérêt général et bienveillants : ce sont ceux-là, Gilles, Caroline, Claude, Anne-Marie, Maryse, Marc, Olivier, Christophe, Nourredine, Maxime, Manoelle, Patrice, Jean-Claude, Franck, Monique, France et tous ceux qui se reconnaîtront pour m’avoir « adoptée » sans préjugés qui donnent espoir et confiance en la politique. J’ai un souvenir ému de l’écoute, du respect, du partage et de l’état d’esprit constructif qui régnait au sein de mon groupe d’élus picards. J’ai d’ailleurs toujours un lien et une affection particuliers pour certains qui sont devenus des amis depuis.

 

Vous êtes soulagée de ne plus être en responsabilité aujourd’hui, vu la crise sanitaire et économique qui sévit ?

Absolument pas ! Je suis même encore plus admirative du courage et de l’abnégation que demande l’engagement d’un élu. Dans des villages comme le mien, cela signifie être disponible en continu. C’est un sacerdoce ! Aujourd’hui plus encore pour faire face aux multiples détresses de notre monde qui devient fou. Au contraire, on a plus que jamais besoin de solidarité et d’engagement et je me sens souvent coupable de ne pas m'investir davantage… Mais mon rôle d'ambassadrice d'UNICEF me tient tellement à cœur que c'est depuis quelques années et indéfiniment ma priorité, en communication comme en missions sur le terrain. J'en profite pour saluer le travail de tous les bénévoles UNICEF et pour Noël pourquoi ne pas shopper solidaire ?

 

Miss et élue, vous avez le profil idéal pour incarner un jour Marianne : on vous l’a déjà proposé ?

Non, mais cet honneur serait gigantesque et incommensurable, parce que je suis fière d'être une citoyenne, d'être française, mais fière aussi d'être une femme, une femme libre et encore plus une mère de 4 enfants qui grandissent en France et instruits au sein de la République française. Et promis je ne mettrai plus que des tenues républicaines dignes de ce nom 😊 !

 

 

RETOUR AU DOSSIER